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LES INFORMATIONS GÉNÉRALES |
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LONGS METRAGES CINE |
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SYNOPSIS |
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Boris Yellnikoff est un génie de la physique qui a raté son mariage, son prix Nobel et même son suicide. Désormais, ce brillant misanthrope vit seul, jusqu'au soir où une jeune fugueuse, Melody, se retrouve affamée et transie de froid devant sa porte. Boris lui accorde l'asile pour quelques nuits. Rapidement, Melody s'installe. Les commentaires cyniques de Boris n'entament pas sa joie de vivre et peu à peu, cet étrange couple apprend à cohabiter. Malgré son esprit supérieur, Boris finit par apprécier la compagnie de cette simple jeune femme et contre toute attente, ils vont même jusqu'à se marier, trouvant chacun leur équilibre dans la différence de l'autre.
Un an plus tard, leur bonheur est troublé par l'arrivée soudaine de la mère de Melody, Marietta. Celle-ci a fui son mari, qui l'a trompée avec sa meilleure amie. Découvrant que sa fille est non seulement mariée, mais que son époux est un vieil excentrique bien plus âgé qu'elle, Marietta s'évanouit. Pour détendre l'atmosphère, Boris emmène Melody et sa mère au restaurant avec un ami, Leo Brockman... |
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Critique éditée le 25/08/09 à 15:21 |
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Les enfants, j’ai envie de dire : quelle franche réussite que ce quarante-troisième film de Woody Allen. Je ne sais pas pour vous mais son précédent Vicky Cristina Barcelona m’avait fait l’effet d’un bonbon qu’on place sous la langue : j’ai certes apprécié la saveur acidulée du spectacle, la maîtrise cinématographique du réalisateur, la couleur et la chaleur des personnages et de la ville de Barcelone pendant la projection mais une fois celle-ci terminée, bien peu de choses m’en sont restées… Hop, fondu le Vicky Cristina Barcelona. Avec Whatever works, Woody laisse un peu de côté ses escapades européennes, pour revenir dans le berceau de sa jeunesse cinématographique, manière d’avouer à demi-mot qu’on ne disserte jamais aussi bien qu’en traitant de ce que l’on connaît.
Whatever works se déroule ainsi dans le Bronx, à New-York et les personnages principaux ont délaissé l’opulence des classes bourgeoises d’héritier-artiste barcelonais pour se contenter de l’austérité des quartiers populaires métropolitains. Adieu, donc, coupé sport rouge, chemise estivale ouverte sur torse velu et résidence secondaire avec vue sur la mer ; Boris Yellnikoff, interprété par l’auteur et acteur vedette de série télévisée américaine Larry David, contraste complètement avec le faste du personnage masculin de Vicky Cristina Barcelona, Juan Antonio, campé par Javier Bardem. Mais la perte du rutilant et du glamour sur fond de coucher de soleil en bordure de mer n’aura pas desservi les ambitions du réalisateur à toujours approfondir son sujet, loin de là.
Le quinquagénaire Boris Yellnikoff est un ex-physicien spécialisé dans la théorie des cordes, grand type juif au crâne chauve reconverti dans la palabre prétentieuse assénée sans vergogne à ses potes de café et de soirée. Misanthrope de première, son mépris de l’espèce humaine n’a d’égal que l’adoration qu’il voue à sa propre intelligence, et hormis ses amis susnommés, il mène une vie solitaire, reclus dans son petit appartement au standing plus que modeste. Mais doublement frustré par les échecs de son mariage et de sa candidature au Prix Nobel, Boris n’assume en fait que partiellement sa situation, comme l’attestent ces crises de panique récurrentes qui le tirent du plumard. Ainsi, lorsqu’il en vient à buter aux abords de chez lui sur le petit corps recroquevillé de Melody, un soir où son excentricité plus vive que de coutume lui vaut de finir seul sa soirée et de regagner ses pénates, le vieux grizzli grogne certes un peu à offrir le gîte à cette inconnue, mais va peu à peu s’amouracher de la jeune fugueuse et finalement se marier avec elle ! Eh oui, c’est dingue, c’est fou.
Whatever works, ou « Tant que ça marche » en français, fait la part belle au Hasard et à la Chance qui déterminent la vie. C’est du reste une forte croyance quasi-philosophique du sieur Woody, qu’on a pris l’habitude de retrouver dans sa filmographie ; ses deux derniers films Le rêve de Cassandre et Vicky Cristina Barcelona sont à ce propos assez éloquents. A la fausse chance d’avoir dans son entourage une main soit disant secourable mais réellement criminelle dans Le rêve de Cassandre et au constat dans Vicky Cristina Barcelona que c’est le manque de disposition de l’individu à saisir sa chance qui le fait passer à côté de sa vie, vient s’ajouter avec Whatever works un plaidoyer, pour le coup plus optimiste, sur le hasard qui fait (bien) les choses.
Boris Yellnikoff a travaillé toute sa vie avec passion pour obtenir prestige et confort, qu’un ensemble de circonstances et que sa propre nature vont finalement lui ôter, le condamnant à croupir seul et amer dans un petit appartement. C’est le hasard d’une rencontre de prime abord embarrassante mais en définitive chanceuse qui va lui apporter ce dont il a besoin, manière de dire que quelque soit la valeur de l’apparence, la chance de changer de vie et de la réussir peut s’y cacher et qu’il appartient à chacun de ne pas s’y tromper. Car si Melody, interprétée impeccablement par Evan Rachel Wood, est une jeune femme peu instruite et un peu bêbête, qui aime se dandiner sur de la House précisément là où Boris préfère l’apaisement de la musique classique, c’est justement par cette naïveté qui est sienne qu’elle va non seulement offrir toute l’attention et la patience dont elle est capable au vieux ronchon, mais de surcroit tomber amoureuse de ce génie et ce malgré les sarcasmes dont il la raille sans discontinuer.
Whatever works se garde toutefois bien de nous suggérer que la chance de l’amour est invariable et que tout ira bien du moment qu’on sait la saisir. Non, l’arrivée pétaradante de belle-maman au moment du premier anniversaire de mariage de l’invraisemblable couple est là pour marteler le contraire. Cette rencontre, pour le coup, malchanceuse, va à son tour engendrer nombre d’imbroglios et de péripéties pour les protagonistes, multipliant les coups du sort, les séparations et les rencontres.
Bien sûr, ces enchevêtrements de mésaventures et quiproquos sont typiques du vaudeville « allenien », ce qui donne au ton du film celui d’une comédie grinçante et hilarante, les altercations entre les personnages de Boris Yellnikoff et de la belle-mère Marietta y participant grandement. Véritable marque de fabrique du réalisateur, les dialogues sont fins et délicieux tandis que le pince-sans-rire de Larry David, en avatar de Woody Allen, campant un Boris Yellnikoff névrosé, mégalomane, bavard et misanthrope est tout simplement efficace, rendant attachant et émouvant un type franchement méprisable.
Whatever works est donc un film réussi, porteur de leçon particulière et porté par un casting remarquable qui ne manquera pas d’évoquer le Woody d’antan.
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Écrite par Rosib (Membre du site) |
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