Avisciné.org :. La critique du film JEUX DE POUVOIR (2009) de Kevin Macdonald.
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JEUX DE POUVOIR
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Moyenne des avis

LES INFORMATIONS GÉNÉRALES
LONGS METRAGES CINE

Un film :
Américain
Réalisé par :
Kevin Macdonald
Fait en :
2009
Type de film :
Policier Thriller
Sortie au cinéma le :
24 Juin 2009
Durée du film :
2h07mn.
Production :
Andell Entertainment
Bevan-Fellner
Relativity Media
Studio Canal
...
Distribution :
Studio Canal
SYNOPSIS
Stephen Collins est membre du Congrès américain et préside le comité qui supervise les dépenses de la Défense. Ambitieux, il incarne l'avenir de son parti et pourrait bien devenir un des leaders du pays. Lorsque sa jeune assistante est tuée dans des circonstances mystérieuses, certains secrets font surface... Cal McAffrey, journaliste chevronné et ami de longue date de Collins, est chargé par sa rédactrice en chef, d'enquêter sur l'affaire. Avec une jeune journaliste, Della Frye, McAffrey tente de découvrir l'identité du meurtrier. Il ignore qu'il s'attaque à un complot qui menace les structures mêmes du pouvoir. Lorsque des milliards sont en jeu, tout le monde devient suspect...


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 Critique éditée le 23/09/09 à 21:37

Jeux de Pouvoir est le 7ème film du réalisateur écossais Kevin MacDonald. On connait principalement ce cinéaste pour ses documentaires mais il s'était déjà illustré dans la fiction en 2007 en s'attaquant au personnage du dictateur ougandais Idi Amin Dada avec le film Le Dernier Roi d'Écosse, dans lequel Forest Whitaker s'offrait l'un des rôle les plus impressionnants de sa carrière.

Avant cela, avec Un jour en septembre, Kevin MacDonald s'était intéressé aux J.O. de 1972, au cours desquels un groupe d'activistes palestiniens avaient pris en otage onze athlètes israëliens, et nous avait livré un documentaire riche et passionnant sur ces événements qui ont également servi d'inspiration à Steven Spielberg pour son Munich sorti en 2006. Deux ans auparavant, Kevin MacDonald avait porté à l'écran le livre La Mort Suspendue de Joe Simpson qui retraçait l'aventure que ce dernier avait vécu avec son ami Simon Yates lors de leur ascension du Siula Grande dans la cordillère des Andes. Le film que Kevin MacDonald en tira, mélangeait de façon habile une reconstitution dramatique de ce périple en la juxtaposant à une série d'interview des véritables protagonistes. Ce mélange de fiction et de documentaire, qui n'est pas sans rappeler le travail de Peter Watkins, autre documentariste britannique, donne à ce film un style vraiment particulier qui évite les écueils respectifs du drame et du documentaire dans lesquels l'histoire aurait pu aisément sombrer si le projet initial qui prévoyait Tom Cruise dans le rôle principal avait vu le jour. Enfin Mon Meilleur Ennemi, dernier film en date du réalisateur, décidément très attiré par le documentaire et les personnages plus grands que nature, s'intéressait à Klaus Barbie. Ce film est sorti lui aussi en 2007, quelques mois seulement après Le Dernier Roi d'Écosse et il s'intéressait aux différentes carrières du boucher de Lyon après la guerre.

Mais revenons à nos moutons...

Avec Jeux de Pouvoir, Kevin MacDonald adapte sur grand écran la série télévisé anglaise éponyme, crée en 2003 par Paul Abbott et réalisée par David Yates (qui s'occupe de la saga Harry Potter depuis le cinquième épisode). L'histoire se construit autour de l'enquête que mène une équipe de journaliste autour de plusieurs meurtres. Une enquête qui les emmène dans les eaux troubles de la politique et des grands lobbys industriels et militaires. Pour l'adaptation sur grand écran, l'action a été délocalisée aux USA et l'histoire originale de 6 heures a été divisée par trois.

Russel Crowe campe un vieux briscard du journalisme qui s'intéresse à cette sordide histoire de meurtre et qui va tenter de mettre à jour les connexions qu'entretiennent son sujet et une autre affaire criminelle qui frappe le monde politique en la personne d'un vieil ami à lui, le député Stephen Collins (interprété par Ben Affleck).

Pour aborder ce thriller journalistique dans la veine du classique de Alan J. Pakula Les Hommes du Président, Kevin MacDonald a conservé une approche très réaliste, hérité de son expérience dans le documentaire, et nous livre un film plutôt réussi, aux personnages attachants et aux situations crédibles. Après une mise en place de l'intrigue qui nous plonge en quelques secondes dans l'action, le film se construit rapidement comme une course contre la montre pour le journaliste et ses collègues qui sont tenus de compléter le puzzle avant la parution du journal. Les mystères qu'ils cherchent à dévoiler les amenant parfois à la limite de l'illégalité et bien souvent dans des situations dangereuses, le spectateur est happé dès les premières minutes pour n'être relâché qu'à la toute fin du film, une fois le pot aux roses dévoilé.

Le suspense est donc assez bien distillé tout au long du métrage même si le récit s'essouffle un petit peu à force de révélations et de rebondissements, ce qui est paradoxal pour une histoire condensée au tiers de ce qu'elle représentait à l'origine. Si les comédiens sont tous très convaincant, le film souffre un peu d'une part de son sujet qui n'est finalement pas particulièrement original, et d'autre part de la relative sagesse dans laquelle le film persiste à s'ancrer. La réalisation est la plupart du temps irréprochable mais elle aurait peut-être mérité d'être abordée avec un peu plus de fantaisie ou de folie pour donner plus d'ampleur à cette description en miroir des médias et de la politique.

Reste un film à la facture classique qui se veut un bel hommage au journalisme d'investigation et à sa représentation cinématographique (on pense à Pakula bien sûr, mais également à Zodiac de Fincher ou à Révélations de Michael Mann), mais un film qui ne marque pas particulièrement et qui risque d'être oublié assez vite. La faute à un manque de personnalité dans la mise en scène, à un classicisme trop appuyé et à des comédiens, qui s'ils restent tous très bons, ne sortent pas vraiment de leur registres habituels. On retrouve Russel Crowe dans un rôle assez proche de celui qu'il tenait dans American Gangster de Ridley Scott, et les autres comédiens restent eux aussi un peu sur la réserve à part dans quelques rares scènes comme celle, à la fin du film, qui nous montre Ben Affleck péter les plombs et tabasser furieusement un des personnages secondaires.

 Écrite par GroBill (Modérateur du site)
   



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