Avisciné.org :. La critique du film JUSQU'EN ENFER (2009) de Sam Raimi.
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JUSQU'EN ENFER
Drag me to Hell



Moyenne des avis

LES INFORMATIONS GÉNÉRALES
LONGS METRAGES CINE

Un film :
Américain
Réalisé par :
Sam Raimi
Fait en :
2009
Type de film :
Horreur Fantastique Fantastique
Sortie au cinéma le :
27 Mai 2009
Durée du film :
1h39mn
Production :
Buckaroo Entertainment
Ghost House Pictures
Mandate Pictures
Distribution :
Metropolitan FilmExport
SYNOPSIS
Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où la mystérieuse Mme Ganush débarque à la banque et la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine hésite entre la compassion et la pression de son patron, Mr Hicks, qui la voudrait plus ferme avant de lui octroyer une promotion. Fatalement, Christine choisit sa carrière, même si sa décision met Mme Ganush à la rue. Pour se venger, la vieille femme jette la malédiction du Lamia sur Christine, transformant sa vie en un véritable cauchemar. Hantée par un esprit malfaisant, incomprise de son petit ami, elle se fait aider du medium Rham Jas, qui l'entraine dans une course frénétique contre la damnation éternelle, pour inverser le sortilège...


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 Critique éditée le 25/08/09 à 19:18

Pas question ici de revenir sur la personnalité et la carrière du réalisateur qui remit au goût du jour les héros de Comics avec Spiderman. Je me contenterai de préciser à ceux qui reviennent à la civilisation après avoir passé les trente dernières années enfermés dans la cave d'une ferme reculée, accessoirement peuplée de néonazis adeptes de barbecue humain (bon, ok, il s'agit là d'un autre film) que Sam Raimi fait partie de ces réalisateurs qui contribuèrent à donner son panache et son fun au genre de l’horreur. Et c'est franchement bon de voir revenir au genre de ses origines un type comme Sam Raimi, le réalisateur de la trilogie des Evil Dead et que contrairement à nombre de réalisateurs, le passage par la case « blockbuster » n'a en rien altéré ni la patte, ni le talent.


Drag me to Hell (en français Jusqu’en enfer) raconte l'histoire de Christine jeune et belle cadre dynamique dans une banque, qui pour gravir les échelons de sa boîte et ainsi atteindre un certain prestige social conforme aux valeurs et attentes de sa future belle famille, est tenue d'aiguiser son « professionnalisme ». Je traduis, faire du chiffre à tous prix, cumuler les contrats de prêt juteux et rejeter les demandeurs non solvables… le tout perpétré dans la louable intention de s’accaparer ce poste de Directeur adjoint fraîchement libéré. Quoi de plus logique alors pour notre chère Christine que de rejeter cette étrange et assez repoussante Mme Ganush venue espérer une rallonge de période de remboursement ; d'autant que Stu, le vicieux collègue d’origine chinoise, aussi arriviste qu’elle, la talonne sérieusement dans la prise d’initiative opportune, les résultats et l’exercice de séduction à l’adresse du petit patron rondouillard.

Pas de bol pour Christine, la vieille pie qu’elle vient de traîner dans la boue et finalement d'éjecter de la banque à grand renfort de bras musclés, s’avère être la matriarche d’une famille de gitans ; et comme toute bonne gitane qui se respecte, Madame Ganush est experte en sorcellerie, notamment dans l’invocation de Lamia, démon infernal qu’elle ne tarde pas à jeter sur l’infortunée jeune femme. Sacrée Madame Ganush…

Pour son grand retour au monde de l’horreur, Sam Raimi rompt avec la tendance observable dans les derniers films d’horreur qui consiste soit à platement effectuer des remakes, séquels et autres préquels de grands noms de films d’horreur comme Vendredi 13 et autre Massacre à la tronçonneuse, soit à prétendre à l’originalité du siècle en terme de scénario, noble ambition qui malheureusement se solde bien souvent par le vomi de produit alambiqué prenant rapidement l'eau. Non, Sam Raimi, en homme avisé et prudent qu’il est, revient à cette bonne vieille histoire de sorcière envoûtante pour en faire la pierre angulaire de son film.

Jusqu’en enfer est un film qui témoigne de l’intelligence de son réalisateur. Tout d’abord par la façon dont l’histoire est amenée. Contrairement à nombre de films où les protagonistes victimes se retrouvent les proies d’un psychopathe ou d’une horde de décérébrés en maraude par le fruit du hasard et de la malchance, le sort que connaît Christine est bien une conséquence de ses propres actes. Ses motivations sont d’ailleurs bien compréhensibles : femme conquérante du 21ème siècle, elle aspire à atteindre par elle-même ses objectifs fixés avec les moyens dont elle dispose ; ce qui au passage permet au réalisateur d'enfoncer le clou et de nous faire sourire jaune quant à la moralité de l’individu tenu de survivre dans une société régie par la loi du plus fort. Autre point, et encore une fois contrairement à d’autres métrages où la prude victime hurle à tous vents son innocence et le caractère injuste de ce couperet qui lui tombe sur le coin de la figure, Christine va ici faire face à son destin avec un sang froid et une combativité assez surprenants. Alors, cela ne l’empêche pas de hurler à plusieurs reprises, mais au regard de ce qui lui arrive, elle fait toutefois dans l’économie, notre Christine.

Les codes du genre sont bien sûr présents et traités avec soin. On découvre ainsi en vue subjective, et avec un grand plaisir, notre héroïne parcourir avec précaution les pièces encore tranquilles de sa maison pourtant hantée par le Lamia, jusqu’au déchaînement de ce dernier, renversant casseroles et mobilier. On se réveille et on sursaute avec elle au moment de découvrir la face couverte de pustules de la vieille femme toute collée à elle, en lieu et place de son mari endormi ! Jusqu’en enfer marche bien, et on angoisse franchement avec Christine, durant ces trois jours où elle va tenter de conjurer le sort qui la menace d’un aller simple pour l’enfer.

La réussite du film tient tout autant du scénario habilement ficelé et de l’interprétation d’Alison Lohman que de l’humour désinvolte qu’aime employer Sam Raimi dans ses films. Le réalisateur se plaît ainsi à détourner certains clichés comme celui du mystérieux médium indo-arabe ou celui de l’horrible opportuniste asiatique pour donner un ton décalé et grinçant à son film. On verra de la même manière l’horrible sorcière souvent rater son coup au moment de revenir d’outre-tombe harceler sa victime, comme l’illustre ce délicieux moment de pantalonnade où échappant son dentier au moment de la mordre, la vieille femme lui déverse à la place un vomi de glaire en pleine bouche, procédé parfaitement inoffensif mais complètement écœurant! Nombre d’évènements aussi répugnants et bizarrement cocasses seront sources de rires nerveux, véritables exutoires de tension pour le spectateur.

Avec Drag me to Hell, Sam Raimi vient rassurer sur ses compétences de réalisateur de films d’horreur qu’un long passage par le blockbuster et l’accumulation de dollars n’ont visiblement pas perturbées. Sans être le film horrifique du siècle, Drag me to Hell est de bonne facture, complètement assumé et est sans conteste celui de l’année.

 Écrite par Rosib (Membre du site)
   



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